L’étude des émotions a longtemps été ignoré en psychologie cognitive et se prêtait plutôt au champ d’investigation de la psychologie sociale, l’étude de la personnalité ou encore de la psychologie clinique et pathologique. Pourtant depuis ces dernières années, les avancées en matière de compréhension du cerveau ont permis de mieux comprendre les interactions entre émotions et processus cognitifs.

Mais au fait, « qu’est-ce qu’une émotion ?»

L’émotion reste difficile à définir car comme tout mot utilisé dans le quotidien, il revêt beaucoup d’aspects différents. Si on se réfère à la définition du Larousse, on peut lire « trouble subit, agitation passagère causée par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie, etc. » mais aussi « réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement ».

Plusieurs idées sont déjà évoquées dans ces définitions : expression des émotions par des réactions corporelles et expérience de l’émotion via le sentiment.

Aristote fut un des premiers à donner la définition de ce qu’on appelle une émotion : « tous ces sentiments qui changent l’homme en l’entraînant à modifier son jugement et qui sont accompagnés par la souffrance ou le plaisir » (Rhétorique, livre II, chap. 1, 1378a).

Depuis plusieurs définitions ont été proposés par les auteurs sur les émotions et mettent l’accent sur les spécialités des auteurs : cognitives, physiologiques, adaptatives, ou encore motivationnelles.

On peut classer les émotions par leur « valence » : positive ou négative. Attention, cependant, il ne s’agit pas de dire qu’une émotion négative est à supprimer de son répertoire. Une émotion positive est définie comme une émotion ressentie de manière agréable alors que l’émotion négative de façon désagréable.

Paul Ekman, psychologue américain, fut un des pionniers dans la classification des émotions. En 1972, il définit 6 émotions de base : tristesse, joie, colère, peur, dégoût et surprise. Il s’appuie sur son observation des expressions du visage.

Robert Plutchik, lui part du principe qu’il y a huit émotions “de base” (transculturelles), les autres émotions, plus nuancées, sont des combinaisons de ces huit émotions de base.


La roue des émotions de Robert Plutchik

Quand le normal devient pathologique

Souvent, l’idée de « santé » se rapporte à l’absence de maladie, de symptômes, de douleur, ou encore de mal être. Finalement, la santé se définirait comme « un état de bien-être physique, mental et social » (selon l’OMS, 1946).

Mais, comment penser le pathologique et comment le décrire ? On a tous été malade : grippe, mal de ventre, mal de tête,… pour le plus bénin. Souvent on évoque deux modèles pour penser le pathologique : le modèle biomédical et le modèle biopsychosocial. On se concentrera sur le second.

Le modèle biopsychosocial prend en compte la sphère biologique mais ajoute des éléments complémentaires : les facteurs sociaux et psychologiques. C’est la conjugaison de ces différents facteurs qui explique la maladie. Ce deuxième modèle est essentiel en psychologie de la santé.

Schématiquement, on pourrait dire que la santé est un état agréable procuré par la satisfaction des besoins du corps et par la tranquillité de l’esprit. Être malade signifierait donc avoir des symptômes, des douleurs, des maux, une souffrance, ou encore un inconfort… qui vient en rupture par rapport à l’état dit « normal ».

Notons ici que la dimension de souffrance est primordiale dans le pathologique en psychologie, car cela affecte des sphères essentielles au maintien d’une vie normale. Par exemple, lorsque l’anxiété sociale (la peur des autres) devient incontrôlable en provoquant l’isolement et l’enfermement.

L’émotion, signal d’alerte !

Trop souvent dans notre société, on nous demande de nous couper de nos émotions, alors que ce n’est pas naturel de les réprimer puisqu’elles sont là pour nous alerter.
Je vous invite d’ailleurs à visionner ce court-métrage en anglais, sous-titré français, sur les émotions (je le trouve très bien fait : doux et poétique).

La psychoéducation

Depuis 1950, on s’intéresse de plus en plus à ce qu’on appelle la psychoéducation. C’est une discipline qui se spécialise notamment dans la prévention.

Nos amis canadiens, belges, danois, norvégiens ou encore suédois sont d’ailleurs beaucoup plus soucieux de cette discipline qu’en France, même si aujourd’hui des efforts sont faits. Par exemple, au Danemark, des écoles enseignent aux enfants l’empathie, à raison d’une heure par semaine, depuis une loi de 1993.

L’empathie, c’est pouvoir se mettre dans la peau des autres et cesser de les juger à travers notre propre perception. L’empathie n’est donc pas sans rappeler l’intelligence émotionnelle ou les compétences émotionnelles. Cette notion renvoie à l’idée qu’il s’agit de « la capacité à identifier, à comprendre, à gérer, et à utiliser ses émotions (et celles d’autrui) » ; elle « est au moins aussi importante pour la réussite que les capacités dites intellectuelles ». Elle propose donc de cesser le clivage entre raison et passion, les deux étant étroitement liés.


Depuis d’autres pays ont emboîté le pas vers cette psychoéducation car ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

En France, de plus en plus de programmes psychoéducatifs se mettent en place et on peut d’ailleurs citer à ce titre le programme ATOLE (dirigé par Jean-Philippe Lachaux, INSERM).

Son objectif : « aider l’élève à mieux comprendre son cerveau et les forces qui bousculent son attention au quotidien, et à apprendre à mieux y réagir, non seulement en classe mais également en dehors ».

La psychoéducation, une nouvelle façon de se former et de tendre au bonheur.

Alors nous aussi, chez les psychodingues, on va essayer de vous proposer des conseils : lectures, films, séries,… pour apprendre et partager ensemble sur l’univers de la psychoéducation des émotions !

Comment ne pas finir comme tes parents
Soizic Michelot et Anaël Assier

Comment ne pas se laisser dépasser par nos émotions ? Comment les réguler ?
Ce livre propose au lecteur de « faire une pause » dans nos vies mouvementées grâce à la méditation. Apprendre à se recentrer et à vivre « l’ici et maintenant ». Il propose aussi des exercices : de réflexion, d’observation et d’action ainsi qu’un CD pour commencer à méditer. Plongez dans l’univers coloré de Pénélope Bagieu avec une « Super-Présence » tout en collant avec son titre, un peu provoc’, les ados pourront aborder certains concepts théoriques et démystifier la méditation. Meilleur cadeau zen de l’année à conseiller à toute la famille.
Alors vous aussi, prenez le temps…

Quand la peur rend malade. Anatomie d’une émotion
Un documentaire Arte

Quand la peur n’est plus adaptée et qu’elle nous dépasse. TAG, phobie, anxiété : des peurs incontrôlées ?
Ce documentaire nous donne à voir cette émotion. Quand la peur se transforme-t-elle en trouble ? La parole est donnée aux patients et aux spécialistes (avec notamment Christophe André) pour décortiquer cette émotion qui est en chacun de nous.
Très pédagogique, le mécanisme physiologique de la peur est dévoilé pour mieux comprendre les troubles qu’elle peut engendrer.

Les aventures illustrées de Pensouillard le hamster : comment apprivoiser l’ego.
Dr Serge Marquis

Les aventures de Pensouillard reviennent, en version illustrée, après « On est foutu on pense trop !».
Petit coup de cœur personnel…
A travers les illustrations loufoques, le lecteur apprend à cohabiter avec ce rongeur très envahissant. Ce rongeur, c’est Pensouillard. Il est petit mais TRES bruyant. Toujours dans sa roue, il fait l’intéressant pour qu’on s’occupe de lui.
Avec humour, le Dr Serge Marquis nous apprend à nous détacher de ce pilote automatique mental. Idéal en psychoéducation pour mieux comprendre le mécanisme des activités mentales de notre Ego. Les anecdotes font sourire car universelles.
Apprivoisez votre Pensouillard et attention à ses pensouillures !

Dans le cerveau d’une Psy Uliana Borzova
Chaîne Youtube

Hey ! Hey ! Pépite découverte sur Youtube ! Dans le cerveau d’une psy, Uliana Borzova, neuropsychologue, nous explique les rouages de nos émotions, de nos pensées… pour mieux cerner cette boîte « noire » qui nous échappe. Des vidéos « dimanche qui enclenche » à découvrir deux fois par mois sur sa chaîne. La neuropsy nous invite à réfléchir à nos comportements et se questionne même sur les siens ! Toujours avec humour et bienveillance, Uliana nous apprend à « viser le progrès mais pas la perfection ».

Voilà, c’est tout pour cette introduction à la psychoéducation des émotions. On espère que cela vous a plu !

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Julie Réné
Etudiante en licence de psychologie, j'ai fait le choix d'une reconversion professionnelle pour m’épanouir dans le cadre d’un métier à caractère humain pour donner du sens à mes compétences et mes valeurs.

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