5 conseils pour renforcer votre mémoire et cartonner aux examens

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Salut les dingos !
Installez-vous bien car cet article invité va vous apprendre beaucoup de choses sur votre mémoire, même si les plus attentifs en cours de psychologie cognitive, reconnaîtrons sûrement quelques techniques. En attendant, on espère que vous y trouverez quelques astuces pour améliorer vos révisions et réussir vos examens.

C’est un mnémoniste, Florian Manicardi, qui s’est proposé pour réaliser ce sujet. On vous laisse avec lui.

Tout le monde a une super mémoire, c’est juste qu’on ne sait pas bien l’utiliser ! Passionné de mémoire depuis environ 2 ans, je me suis ainsi intéressé aux ouvrages dédiés à la mémorisation. Depuis le 13 octobre 2019, je suis officiellement le détenteur du titre de meilleur espoir français de mémorisation 2019 avec notamment un record de France pulvérisé par mes soins.

J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice dans ce domaine en lançant une chaîne YouTube baptisé Memorall. Celle-ci a pour objectif de permettre à chacun de développer sa mémoire extraordinaire.

Cet article va vous donner 5 conseils pour développer votre mémoire et retenir plus facilement.

Commençons avec une technique imprononçable.

1- L’effet Zeigarnik

Pas de panique, c’est juste un effet qui met en exergue le principe qu’on se souvient mieux d’une tâche qu’on n’a pas terminé. Autrement dit, on se souvient mieux d’une tâche à partir du moment où on l’a commencé.

Il provient du nom de la psychologue Bijuma Zeigarnik, qui créa une expérience en 1926 où elle donna plusieurs tâches à accomplir à des enfants.

A la fin de l’expérience, lorsque Zeigarnik leur demanda d’énumérer les différentes tâches effectuées : celles que les enfants n’avaient pas terminées étaient 2 fois plus citées que les autres.

• Mais pourquoi une telle mémorisation ?

Tout simplement parce que la non-réalisation d’une tâche entraîne une tension dans l’organisme : un sentiment d’inachèvement.

Certaines tâches inachevées peuvent vous tourmenter car vous les ruminer souvent, notamment dans votre sommeil. De ce fait, votre cerveau ne pense qu’à se calmer mais pour se calmer il doit se débarrasser de ces pensées parasites à savoir les tâches inachevées.

Cette tension va ainsi ancrer le souvenir de cette tâche inachevée et cela renforce votre mémorisation.

• Mais du coup c’est plutôt négatif comme effet ?

Tout dépend de la façon dont vous le gérez !

Vous allez voir par la suite que vous pouvez utiliser cet effet pour multiplier votre productivité.

Si vous voulez accomplir une dizaine de tâches alors que vous savez pertinemment que vous ne pourrez pas les réaliser aujourd’hui alors ces tâches viendront vous perturber de part leur grand nombre et leur complexité.

En revanche, si vous découpez votre tâche en une multitude de petits objectifs, l’effet redeviendra positif.

Exemple : Vous vous fixez comme tâche de lire l’intégralité de votre cours. Nonobstant, votre sous-objectif sera de lire le premier chapitre.

Ainsi, vous pouvez vous arrêter de travailler lorsque votre premier sous-objectif est atteint : certes vous n’avez pas achevé votre tâche mais vous avez avancé dans sa réalisation.
Elle demeura dans votre mémoire mais vous aurez également un sentiment de satisfaction : celui d’avoir progressé dans la réalisation de cette tâche.

 

2- Les flash cards

Voici un outil qui va révolutionner vos méthodes de révision !

Oui un simple bout de carton, vous avez bien vu !

Simple mais efficace, les flash cards jouent sur plusieurs stratégies cognitives pour faciliter vos révisions.

• Mais qu’est-ce qu’une flash card ?

C’est une carte où il y a une information d’un coté (la question) et une information de l’autre coté (la réponse).

Exemple : Sur le recto d’une carte vous pourrez lire : Bataille de Waterloo et sur le verso de la carte sera inscrit le 18 juin 1815.

• Pourquoi les flash cards sont-elles si efficaces ?

Il y a plusieurs raisons à cela :

D’abord parce qu’elles sont simples à concevoir et à utiliser : une feuille de papier et un stylo ou une application et vous pourrez vous constituer des decks de flash cards.

Ensuite, fait très important, elles forcent votre cerveau à se souvenir de l’information. En effet, au lieu de relire simplement l’information, vous allez forcer votre cerveau à retrouver l’intégralité de l’information en ne voyant qu’une partie de celle-ci.

Votre mémoire va ainsi faire un travail supplémentaire. C’est ce qu’on appelle un effort de consolidation ; effort qui s’avère bien moindre lorsque vous vous contentez de relire une information.

Le rappel va ainsi renforcer l’information et donc la mémorisation à long terme.

De plus, les flash cards vont vous forcer à synthétiser l‘information en utilisant des mots clés. Vous analyserez l’essentiel de l’information et délaisserez le superflu.

Vous allez non seulement gagner du temps sur vos révisions mais vous allez également soulager votre mémoire. Celle-ci ne sera focalisée que sur l’essentiel de l’information et non sur la totalité.

Vous pouvez les utiliser à plusieurs et faire des jeux : autant rendre les révisions plus agréables avec des petits jeux à plusieurs.

Alors prenez une feuille A4 et découpez la en 16 cartes et voilà vous avez un petit deck de flash cards neutres.
A vous de les remplir.

Repérer les informations que vous voulez retenir et ensuite écrivez une question sur le recto de la carte et la réponse sur le verso et testez-vous.

Si vous avez trouvé la réponse ou la question (tout dépend comment vous voulez réviser), alors mettez là dans une boite compartimentée et révisez-la le lendemain.

Testez-vous à nouveau le lendemain, si vous avez encore trouvé, alors révisez cette carte dans 1 semaine, puis dans 1 mois, puis dans 3 mois et cette flash card sera intégrée dans votre mémoire à long terme.

Si vous êtes allergique au papier, vous pouvez toujours télécharger l’application Anki qui vous permettra de construire vos decks de flash cards.
Et le meilleur, c’est qu’elle est gratuite !

N’hésitez pas à aller sur ma chaîne si vous voulez avoir encore plus d’informations sur les flash cards.

 

3- Les mindmaps (carte mentale)

S’il y a bien une technique légendaire qui permet de démultiplier la productivité et la mémorisation c’est bien les mindmaps ou carte heuristique.

Utilisées dans le milieu étudiant et dans le milieu professionnel, les mindmaps sont aujourd’hui des outils de pensée visuelle qui permettent de synthétiser de grandes quantités d’informations avec une organisation qui développe la créativité et l’imagination de chacun.

Rien que ça !

• Mais qu’est-ce qu’une mindmap ?

Pour reprendre les termes de Tony Buzan, psychologue britannique et créateur des mindmaps : La carte mentale est une représentation graphique de la pensée rayonnante à savoir la pensée qui nous permet de générer des idées.

Pour simplifier, une mindmap est un schéma qui respecte le fonctionnement de notre cerveau en stimulant sa capacité à générer des idées et à mémoriser facilement des informations.

• Concrètement à quoi ça ressemble ?

Oui, au premier abord cela semble plutôt abscons et complexe mais en réalité c’est très simple.

• Comment on construit une mindmap ?

Pour créer une mindmap, vous devez d’abord avoir un sujet principal que vous écrirez ou dessinerez au milieu de votre feuille.
Cette information est placée au centre pour augmenter sa visibilité et établir le cheminement de la pensée.

Ensuite à partir de ce terme principal, des idées annexes ou secondaires vont émerger dans votre esprit.
Exemple : Si le terme principal est éléphant, vous pensez à plein de choses : défense, pachyderme, herbivore, taille, Afrique, etc.

Ainsi ces idées secondaires vont constituer ce qu’on appelle des branches reliées à l’idée principale. Ce système de branche va relier l’idée principale à l’idée secondaire.

Par la suite, à partir de l’idée secondaire des informations supplémentaires vont émerger de celle-ci.
En reprenant le mot défense, vous allez peut-être penser à ivoire, braconnier, commerce, protection, etc.
Ainsi des sous-branches vont apparaître et vont être connectées à votre sujet secondaire.

Vous commencez à comprendre ?

L’idée de la mindmap est de construire un schéma en laissant libre cours à votre créativité et à votre pensée.

Quand vous réfléchissez, de multiples idées vous viennent au fur et à mesure mais au lieu de les noter de façon linéaire comme vous le faites en amphi, là les idées vont se connecter entre elles, elles vont se catégoriser, vont être plus visibles.

Ainsi vous pourrez facilement établir le chemin de votre pensée et stimuler le flux de vos idées.

Voilà pourquoi la carte mentale est un outil efficace, elle vous permet de laisser libre cours à votre pensée tout en suivant la logique de votre cerveau.

• Mais comment utiliser cet outil pour des cours ?

Un autre point clé de la mindmap, c’est la recherche de mots clés comme dans les flash cards.
En effet, vous vous rendez bien compte que sur une feuille A4 vous n’aurez pas la place d’écrire des phrases complètes, vous ne pourrez écrire que des mots simples.

Cela vous obligera à sélectionner les informations primordiales et à ignorer les informations superflues.

Pour construire une mindmap qui représenterait l’un de vos cours. Vous n‘avez qu’à prendre un chapitre de votre cours et les sous branches seront les sous parties de votre cours.

Cela vous permettra de garder une logique simple et de ne pas vous prendre la tête à trouver une autre arborescence.

Néanmoins cette fois, vous allez dessiner votre cours, vous allez utiliser différentes couleurs, repérer les mots clés, dessiner des images. Ce travail va contribuer à encrer la mindmap et les informations dans votre cerveau ce qui aura pour conséquence leur mémorisation intégrale.

De plus, quand vous souhaiterez réviser votre mindmap vous n’aurez pas forcément besoin de l’avoir sous les yeux. Vous pourrez la reconstruire mentalement en partant de l’idée principale comme un arbre qui pousserait dans votre cerveau.

Par ailleurs, il vous sera aisé de relire la mindmap car celle-ci sera sur une seule feuille avec une logique de lecture simple car c’est une organisation adaptée pour votre cerveau.

Comme pour les flash cards, voici 2 logiciels gratuits qui vous permettront de créer des mindmaps numériques : Xmind Zen et MindMaster.

Si vous voulez explorer le monde passionnant des mindmaps, voici la chaine Youtube du champion du monde de mindmapping (oui ça existe) qui vous montrera comment utiliser les mindmap dans chaque domaine de votre vie.

 

4- Faire plusieurs petites révisions

Vous avez certainement entendu ce conseil plus d’une fois ; mais cette fois-ci je vais vous expliquer comment faire des petites révisions car oui il existe une méthode bien particulière :

Au lieu de travailler pendant 2 heures de suite vous allez faire des petites séances de 15 à 25 minutes maximum puis vous prendrez une pause de 5 minutes.
Le but n’est pas de vous arrêter quand vous commencer à fatiguer mais de vous arrêter quand vous commencez à être motivé et productif !

Troublant, n’est-ce pas ?

Et pourtant, cette méthode de travail va vous permettre 3 choses :

  • D’être plus productif
  • D’être moins fatigué
  • D’être davantage motivé

• Pourquoi cela ?

Tout d’abord, le fait de faire des petites sessions de travail va mobiliser votre concentration moins longtemps que lors d’une séance de 2 heures. Jusqu’ici tout est logique !

Vous n’allez pas vous épuiser car grâce aux multiples petites pauses, votre concentration se recharge et votre cerveau se repose.

Ensuite, le fait de faire des petites sessions de travail va mobiliser votre concentration plus intensément mais moins longtemps. Autrement dit, vous allez être plus concentré sur une petite période que sur une longue.

Si vous utilisez 80% de votre concentration pendant 20 minutes, vous produirez le même résultat que si vous êtes à 20% pendant 80 minutes !

Selon le test de Norman Mackworth qui est un test utilisé pour étudier la surveillance sur la détection des signaux, il a été établi que la concentration chute drastiquement au bout de 30 minutes (environ 50%). Ainsi, vous ne pouvez pas être concentré à 80% au bout de 30 minutes, d’où la nécessité de prendre des petites pauses entre des petites sessions de travail.

Enfin, le fait de faire des petites sessions va vous obliger à découper votre tâche en sous-objectif. Au bout des 20 minutes vous n’aurez peut-être pas accompli votre tâche.
Tiens, cela ne vous rappelle rien ???

Et oui, l’effet Zeigarnik !

En vous arrêtant quand vous êtes à un haut niveau de concentration, vous allez ressentir une petite frustration de ne pas avoir atteint votre objectif. Cependant, vous allez aussi ressentir un besoin de terminer votre tâche et vous allez avoir un élan de motivation.

Nonobstant, je tiens à insister sur un point : PRENEZ VOTRE PAUSE !

Ne vous dites pas : « Oh ça va, je me sens bien, je peux prendre encore 10 minutes pour finir mon travail »

Ne faites pas ça !

Vous allez perdre l’avantage de faire des petites révisions à savoir : maintenir votre motivation et prémunir de la fatigue mentale.

Arrêtez-vous immédiatement dès que la barre des 15 ou 20 minutes est franchie et détendez vous : marchez, regardez vos messages, regardez une petite vidéo mais arrêtez de travailler.

 

5- Faire des liaisons

L’association des éléments est à la base de toute technique de mémorisation (palais mental, table de rappel, moyen mnémotechnique, etc).

• Mais que signifie l’association des éléments ?

Je vais vous donner un exercice simple :

Voici une liste de 15 mots, vous avez 2 minutes pour retenir cette liste dans l’ordre.
Vous êtes prêts ?

Lancez votre chrono et ne trichez pas, je retiendrai les malhonnêtes.

Chien, Voisin, Fusil, Alien, Tentacules, Ville, Police, Destruction, Dragon, Taser, Voiture, Prison, Reine, Repas, Jambon.

2 minutes plus tard ……

Alors, avez vous réussi à restituer la liste dans l’ordre ?

Bravo pour ceux qui ont réussi dans les temps et pour ceux qui ont essayé, ne soyez pas déçus, je vais vous expliquer votre problème.

Je parie que vous récitez une superbe litanie dans votre tête pour retenir les mots, n’est-ce pas ?

« Ok, alors chien, voisin, fusil, alien, euh c’est quoi après, ah oui tentacules, dragon, euh non attends police, ville, taser, mince je me suis embrouillé, faut que je re-regarde la liste ».

Retenir les éléments un par un est très compliqué, mais que ce passe t-il si vous liez les éléments entre eux :

Essayez de retenir cette histoire :

« Imaginez votre chien qui mord votre voisin, celui-ci pousse alors un intense cri de douleur et prend son fusil pour tirer sur votre chien.
Cependant il y a un problème, ce n’est pas un chien mais un alien et les pattes du chien se transforment en ignobles tentacules et celui ci se dirige alors vers la ville. La police arrive pour empêcher la destruction de la ville et là dans le ciel, un majestueux dragon arrive et déclenche un combat digne de Games of Thrones.

Les policiers agacés utilisent leurs tasers pour neutraliser l’alien et le dragon, ils les emmènent dans leurs voitures pour les conduire en prison.

Heureusement, la reine Daenerys qui a un certain appui dans la police parvient à libérer son dragon et à l’emmener pour faire un super repas où on lui donnera un gros jambon. »

Alors, ce n’est plus facile et plus agréable de retenir cette histoire que retenir les informations une par une ?

« Oui, mais c’est beaucoup plus long du coup »

Sachez que les limites de votre mémoire ne sont pas définies, notre mémoire serait capable d’enregistrer toutes les informations contenues dans le web sans être surchargée !

• Mais comment on l’utilise pour retenir des cours ?

Tout simplement, quand vous apprenez quelque chose, essayez de le placer dans un contexte et de le lier à un autre élément.

Le professeur Alain Lieury, spécialiste de la psychologie cognitive a mis en exergue que le fait de lier et de catégoriser des éléments entre eux améliore et facilite considérablement la mémorisation.

Bien entendu, lier des informations complexes comme des cours en psychologie demande une certaine discipline ainsi qu’un bon entraînement.

Sur la chaîne Memorall, vous apprendrez à transformer des informations complexes et à les lier entre elles pour les mémoriser facilement et indéfiniment.

 

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, avoir une bonne mémoire n’est pas une capacité uniquement innée, n’importe qui peut développer sa mémoire à un niveau insoupçonnable mais il vous faut simplement connaître les différentes techniques pour dompter votre cerveau et modifier votre organisation de travail.

Arrêtez le bachotage !

Il est vrai que lorsqu’il nous reste peu de temps, il est difficile de prendre le temps d’utiliser des techniques de mémorisation si on est encore un néophyte. Néanmoins, changer vos méthodes de travail vous prendra quelques minutes et vous serez plus productif, moins fatigué et in fine davantage préparé.

Ne poussez pas la machine, cherchez à la comprendre et elle vous le rendra bien.

Merci au blog Les psychodingues de m’avoir accordé leur confiance pour cet article.
J‘espère que cet article ne sera que le début de votre voyage au cœur de la mémorisation.

Merci pour votre lecture et espérons que cet article vous demeure en mémoire.

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Né le 23 septembre 2011, dans une chambre étudiante et toujours là pour vous proposer des informations, des conseils et autres témoignages sur les études de psychologie et le parcours universitaire.

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