Danaë Holler, jeune psychologue fraîchement diplômée, nous fait part de son témoignage sur le thème : “Études, parcours et vie de psy”

 

POURQUOI LA PSYCHOLOGIE ?

Après mon bac littéraire je suis arrivée en fac de psychologie à Caen complètement par défaut. J’avais une vague idée du métier de psychologue et j’avais surtout envie de découvrir la psychologie au sens large. Mais, dès les premiers cours de psychopathologie et neuropsychologie du développement j’ai eu comme un déclic ! J’allais en cours avec plaisir et je me suis rapidement dit « pourquoi pas devenir psychologue? ».

LA LICENCE DE PSYCHOLOGIE

J’ai validé ma licence à Caen en 4 ans avec à peine 11 de moyenne. Je n’aimais pas les matières scientifiques (statistiques, biologie et psychologie cognitive) donc je me suis beaucoup investie en psychopathologie.

J’ai choisi des options en lien avec mon projet professionnel (psycho-oncologie, tests projectifs), mais également en lien avec des thématiques qui m’intéressaient (psychosomatique). J’ai réalisé un mémoire en L3 (un TER) sur la dynamique du couple face au cancer et j’ai effectué un stage d’observation de 2 semaines dans un EHPAD.

J’ai fait partie de ceux qui ont subi la sélection à la fin du M1 pour rentrer en M2. Je suis donc rentrée en Master 1 psychologie psycho dynamique clinique et pathologique en ayant « juste » obtenue une licence sans mention.

LE MASTER

Mon obédience psychanalytique fut (à partir de mon entrée en Master) définitivement inscrite dans mon projet professionnel. La première année de Master a été très compliquée. Dès le début les professeurs nous ont mis la pression à propos de la sélection. Pour faire simple sur 1000 dossiers seulement 20 personnes seront sélectionnées

J’étais très angoissée à l’idée d’échouer et j’ai donc débuté une analyse personnelle (qui me semble indispensable pour être psychologue). Durant mon M1, j’ai fait un stage de 200h dans un centre d’évaluation et de traitement de douleur.

C’est au cours de ce stage que j’ai réellement compris le métier de psychologue, et surtout prit conscience de la myriade de difficultés liées à notre positionnement dans la structure dans laquelle nous évoluons. J’ai réalisé un mémoire sur les conséquences psychiques de la mastectomie sur l’image corporelle de la femme. C’est grâce à mon stage et à mon mémoire que je me suis véritablement intéressée à la clinique de la douleur et du trauma.

LA SÉLECTION EN MASTER 2

À la fin de mon M1 j’ai obtenu la mention AB notamment grâce à un 16 au mémoire et au stage. Malheureusement j’avais à peine 11 au cours …. J’ai quand même postulé dans les universités parisiennes et dans mon université d’origine.

J’ai tout de suite été recalé sur Paris à cause d’un niveau académique insuffisant. Mais j’ai été admise à l’oral à Caen certainement grâce à une promesse de stage, mon projet pro et mes notes au mémoire et stage.

L’oral a duré 20 min durant lesquelles j’ai dû parler de mon parcours universitaire (stage, mémoire, option) et mon projet professionnel. Ce fut une étape stressante mais j’en suis ressortie avec le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même. L’attente après l’oral a été horriblement longue et stressante… lorsque le mail d’admission en liste principale est tombé, j’ai beaucoup pleuré de joie mais également de tristesse pour tous ceux de ma promo qui n’ont pas été sélectionnés !

MON MASTER 2

L’année de Master 2 a également été compliquée. J’avais le sentiment que je ne méritais pas ma place. Ce syndrome de l’imposteur augmentait à mesure que la fin de l’année approchait malgré la bienveillance de mes professeurs et tuteurs de stage.

J’ai réalisé un mémoire institutionnel sur la place du psychologue en structure douleur qui m’a valu la note de 15 (une belle récompense pour mon travail). J’ai remarqué que j’attachais beaucoup d’importance aux notes et commentaire des professeurs…

C’était étrange mais j’avais besoin de prouver que je méritais ma place… j’ai validé le Master 2 avec mention et j’ai mis du temps à percuter que ça y est : j’étais diplômée !

ET MAINTENANT ?

J’ai commencé à chercher du travail sur Paris avant l’obtention du sésame. Sur mon lieu de stage parisien, l’équipe recherche m’a proposé d’intervenir en tant que psychologue auto entrepreneur rattachée à la recherche clinique.

J’ai acceptée sans hésiter et entre temps j’ai postulé pour un temps plein à l’APHP dans un SSR oncologie. Je commence également à la rentrée 2 diplômes universitaires en douleur et hypnose afin de poursuivre ma formation universitaire.

MES CONSEILS POUR RÉUSSIR SON MASTER

  • Ne jamais baisser les bras !
  • Avoir un projet professionnel solide
  • S’investir sur son lieu de stage (et demander des lettres de recommandations)
  • Bien choisir son sujet de mémoire (qui doit être en lien avec le projet pro et/ou le lieu de stage)
  • Être curieux en allant à des colloques ou séminaires et ne pas hésiter à faire des formations complémentaires

 

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Une pensée sur “Études, parcours & vie de psy : mon témoignage #3”

  1. Bonjour,

    Juste un petit commentaire pour souligner une erreur dans ce début de témoignage, qui entretient une confusion sur ce qu’est la psychologie.

    Vous dîtes : “je n’aimais pas les matières scientifiques (statistiques, biologie et psychologie cognitive) donc je me suis beaucoup investie en psychopathologie”. Or, la psychologie (et ses sous-domaines) est une discipline scientifique, une science humaine. Pour reprendre votre exemple, la psychologie du travail ou développementale n’est pas moins scientifique que la psychologie cognitive, les statistiques ou la biologie.

    En revanche, il est clair que dans encore beaucoup d’universités de France, en psychologie clinique et en psychopathologie, les approches (psych)analytiques/psychodynamiques sont majoritairement enseignées dès la Licence ; approches dont la scientificité n’a pour le coup pas été établie (comme le montre l’un des nombreux documents à ce sujet : le rapport INSERM portant sur l’évaluation des psychothérapies, que l’on peut trouver facilement en pdf).

    A ce propos, pour celles et ceux qui souhaitent promouvoir la méthode scientifique en psychologie et dans tous ses sous-domaines, il est possible de se renseigner et d’adhérer à l’ “Association pour la Psychologie Scientifique à l’Université” (APSU) : https://psychologiescientifique.org/apsu/

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